Take it or leave it...

Take it or leave it...
What I want from you is empty your head

They say be true, don't stay in your bed

We do what we need to be free

And it leans on me like a rootless tree


Elle avait fermé les yeux en sentant l'émotion, au fur et à mesure que les notes s'échappaient de sa bouche, monter depuis son ventre jusqu'à sa gorge. Malheureusement, elle fut vite coupée dans son élan par l'homme qui était en contre bas de la scène, avachi dans une chaise de bureau.
Homme: Merci mademoiselle...
La jeune fille baissa les yeux et vit un garçon, tenant en main une dizaine de feuilles, se pencher vers le type qui venait de s'adresser à elle.
Jeune garçon: Bruvier, Emma Bruvier, murmurra-t-il bien trop fort pour que cette dernière ne l'entende pas.
Homme: Mademoiselle Bruvier. Vous avez une jolie voix mais, sérieusement, quantonez-vous à la photo et laissez la place à des jeunes filles qui en ont vraiment besoin!
Emma: Mais je..., tenta-t-elle de répliquer.
Homme: Merci! Vous connaissez la sortie...
On en revenait toujours à la même chose et, à force, Emma n'en pouvait plus... Les refus tombaient les uns après les autres et pour quelque chose qu'elle n'avait pas provoquer. Elle se dirigea vers les coulisses où l'attendait son sac et dégagea ses cheveux de sa veste qu'elle venait de passer.

[ * * * ]

Emma flânait dans Bloomsbury, analysant le contenu des vitrines des boutiques pour passer le temps. Un petit air de guitare sèche débuta, s'échappant du sac à main de la jeune femme. Elle ouvrit le clapet de son portable et répondit.
Emma: Allo?
...: T'es où? lui demandèrent à l'unisson deux voix féminines.
Emma: Je faisais un tour en attendant
...: Grouille toi, nous on se les gèle!
Pour la deuxième fois de la journée son interlocuteur ne la laissa pas prendre la parole puisque déjà de courtes tonalités raisonnaient au creux de son oreille, lui fesant comprendre que son amie avait raccroché. Elle se hâta de traverser, longea au pas de course la rue dans laquelle elle s'était engagé, tourna deux fois à gauche puis une fois à droite et se trouva enfin devant le musée: le British Museum se dressait en face d'elle, dans toute sa splendeur. A l'endroit précis du rendez-vous, deux jeunes filles blondes étaient en grande conversation. Emma sourit et reprit sa marche vers elles. Elle était presque arrivée à leur hauteur quand l'une des deux tourna la tête vers Emma.
Jeune fille: Madame je-me-fais-désirer est arrivée.
Jeune fille 2: Alleluia!
Emma: Pour une fois que c'est moi qui vous fait attendre...
Jeune fille 2: Je n'aime pas beaucoup ce que tu sous-entends là, soeurette.
Emma rigola. Elle se pencha vers sa soeur qu'elle gratifia d'un petit bisous sur la joue puis se précipita dans les bras que lui avait ouvert sa meilleure amie.
Soeur: Euh... Marjo, évite d'étouffer Emma, j'aimerais la garder en vie encore un an ou deux!
Majorie relâcha son étreinte pour pouvoir faire un doigt d'honneur à la jeune fille.
Emma: Tu deviens de plus en plus vulgaire, dit donc, ironisa-t-elle.
Soeur: Tu lui feras la leçon plus tard, dit nous plutôt comment c'est passé l'audition!
Emma: Toujours la même chose, ils m'ont pas prise... Il m'a dit d'en rester à la photographie. Si vous saviez à quel point ça me saoule...
Soeur: T'inquiètes pas, elle finira bien par ne plus faire parler d'elle et tout rentrera dans l'ordre.
Marjorie: Aurélie a raison...
Aurélie: J'ai toujours raison!
Marjorie: Si tu le dis..., se tournant à nouveau vers Emma, un de ces jours les gens en auront marre de la voir dans la presse entrain de faire ses conneries et puis si c'est pas le cas... tu te décolores les cheveux, ça passera mieux, plaisanta la jeune femme.
Sa remarque arracha un sourire à Emma.
Emma: J'ai plus envie d'y penser aujourd'hui. On va manger? Je meurs de faim!
Aurélie: C'est partis! Pour une fois, j'vais être gentille: je vais vous inviter.
Bras dessus, bras dessous les 3 amies partirent en direction de New Oxford Street.

[ * * * ]

Marjorie: J't'appelle demain.
Emma claqua la portière de la voiture. Elle leva la main pour faire signe à sa soeur et à son amie, que le taxi ramenait chez elles. La nuit était tombée et l'air s'était rafraichi. La jeune femme frisonna et commença à remonter Charing Cross. Elle avait toujours aimé se promener de nuit dans Londres, malgré que se ne soit pas vraiment la chose la plus futée à faire lorsque l'on est une fille et, de surcroit, non accompagnée. Une femme, la trentaine, aux cheveux roux assez courts, l'arrêta en la retenant doucement par le poignet.
Femme: Vous savez j'adore les fotos que vous faites! Votre dernière exposition était sensationelle.
Emma: Je suis désolée madame mais vous faites erreur sur la personne.
Elle reprit son ascension de la rue, faisant abstraction des cris de la femme. Elle était habituée à ce qu'on l'acoste dans la rue, elle devait faire avec. Le fait était là: elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à Miranda Cadara, photographe de renon, largement exposée dans les journaux à scandales pour ces nombreuses frasques et, accesoirement, toxico notoire. Elle en avait ris au début lorsque Miranda commencait à peine à faire parler d'elle. Aujourd'hui, cette ressemblance était devenu un handicape majeur...
Comme tous les vendredis soirs, les pubs étaient bondés et en passant devant un de ceux-ci, renomé pour le choix de bière qu'il servait, Emma dû descendre sur la chausée pour contourner la foule amasséé sur le trottoir. Tout d'un coup, un nouvel inconnu l'attrapa par l'avant bras.
...: Hey. Ca fait longtemps!
Emma sentit son coeur s'arrêter et ses mains devinrent moites instantanément lorsqu'elle regarda, dans les yeux, la personne qui l'avait interpellé.
Une chose de plus que l'on ne pouvait ignorer sur Miranda Cadara était sa relation amoureuse avec le chanteur des Arctic Monkeys, groupe de rock réputé, dont le batteur attitré avait, à ce moment précis, le bras de Emma Bruvier serré entre ses doigts.

# Posté le mardi 18 décembre 2007 04:17

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:00

I know a girl with a golden touch

I know a girl with a golden touch
Elle batit fébrilement des cils, l'idée d'être devant le musicien atteignant, petit à petit, son cerveau. Elle n'avait jamais envisagé, dans une ville de 7 millions d'habitants, la possibilité de se retrouver en face d'un des gars du groupe. Une boule, de la taille d'une balle de tennis, s'était formée dans le fond de sa gorge la rendant momentanément muette.
Matt: Tu devrais voir ta tête, on croirait que t'as vu un fantôme.
S'il savait à quel point c'était vrai... Elle avait l'habitude qu'on l'appelle Miranda et ne manquait aucune occasion de mettre les points sur les "i" mais, face au batteur, ses cordes vocales ne semblaient pas prêtes à fonctionner.
Matt: Alex va sûrement être content de te voir!
Il tourna la tête et posa sa main sur l'épaule d'un garçon, à peine plus grand que lui, pour attirer son attention.
Matt: Regarde Jamie qui je viens de trouver! J'vous laisse tous les deux, je vais voir après son chéri.
Il s'éloigna. Emma déglutit difficilement, se sentant totalement coincée. Jamie ammena son verre à sa bouche et absorba une longue gorgée du liquide brun, un profond dédain inscrit dans son regard.
Jamie: Pas entrain de te défoncer, c'est surprenant...
Emma: Je...
Jamie: Il finira bien par se rendre compte que t'es qu'une paumée camée, fait moi confiance.
Elle baisa les yeux, fuyant la rancoeur de Jamie et recherchant une quelconque contenance qu'elle ne trouverait pas... Les secondes avaient des allures d'éternité et cette sentation s'amplifiait quand elle réfléchissait à la rencontre qui allait se produire.
Finalement, Matt réapparu, tout sourire, son bras callé sur les épaules d'un garçon aux cheveux bruns, coupés courts, et que la jeune fille reconnu sans aucunes peines. Elle essaya de respirer normalement mais ça ne fit qu'augmenter son stress.
Matt: Nous voilà, lâcha-t-il d'une voix enjouée.
Alex: Hey! J't'ai pas appelé me disant que tu serais crevée... Enfin, je suis content que tu sois passée par ici.
Il se pencha en avant et joignis ses lèvres à celle d'Emma. Elle sentit le feux lui monter au visage et, par réflexe plus que par dégout, gifla le garçon. Jamie recracha la bière qu'il s'apprêtait à avaler, pouffant de rire alors que Alex se frottait la joue.
Alex: Qu'est ce qui te prend?!
Emma se mordit la joue et se demanda si elle n'y avait pas été un peu fort. Seuleument, la peur prit l'avantage sur la compation et elle prit ses jambes à son cou, toujours le rire du guitariste qui raissonnait dans sa tête. Mais, très vite, des bruits de course s'ajoutérent aux siens. Elle voulu se retourner pour voir qui la poursuivait mais n'en fit rien, ne connaissant que trop bien la réponse. Son poursuivant eut vite fait de la rattraper et de la plaquer contre un mur, un peu à l'écart de la circulation encore dense malgré l'heure tardive.
Alex: Miranda, regarde moi! T'es bizare, qu'est ce que t'as pris ce soir?
Emma prit sur elle et, dans un ultime effort, parvint à redevenir maître de sa voix, ce qui lui permit d'articuler une réponse.
Emma: Je sais que tu me prends pour elle, mais s'il te plait crois moi, on ne se connait pas.
Alex: Tu délires... Ca passera quand t'auras arrêter de planer.
Emma: Putin mais comment je dois te le dire! Je ne m'appelle pas Miranda, je ne suis pas photographe et on ne couche pas ensemble! Tu devrais au moins te rendre compte que ma voix est différente de la sienne...
A présent qu'elle le disait, le jeune homme devait reconnaitre que la voix de la fille qu'il tenait contre la parois froide différait de celle de sa petite amie. Elle était plus posée et bien plus douce. Ses mains glissèrent des bras de Emma, relâchant lentement leur prise. Sur ses gardes, Emma n'osa pas tout de suite bouger, observant les réactions du chanteur. Alex s'ébouriffa les cheveux, le regard dans le vide.
Alex: Tu devrais vraiment stoppé toutes tes défonces, ça va complètement nous détruire. Honnêtement, je peux pas rester avec quelqu'un qui m'invente des trucs pareils et que je suis jamais certain de retrouver en vie le lendemain...
Emma resentit de la tristesse pour lui à l'entente de ces mots et elle se risqua à jeter un regard à Alex.
Emma: Je suis désolée... Fait en ce que tu veux: je ne suis pas ta copine même si mon physique te pousse à croire le contraire.
Elle le quitta et fit quelques pas avant de se retourner vers lui. Il avait l'air completement dépité. Elle soupira et continua son chemin. Au bout de la rue, elle rentra dans l'immeuble où elle habitait, ignorant que, 10 mètres derrière, Alex avait observé chacun de ses gestes.

[ * * * ]

Deux mois était passés depuis le petit incident. Au début, Emma analysait le moindre endroit public où elle se trouvait pour vérifier qu'IL n'était pas là mais, heureusement, avec le temps sa parano était retombée. Elle n'avait parler à personne de sa surprenante rencontre, hormis à Marjorie qui lui avait conseillé de vite tout oublier. Et la jeune fille avait essayé, elle avait essayé d'oublier! Mais le visage décomposé de Alex était encré dans son esprit...
L'hiver touchait à sa fin et le printemps pointait le bout de son nez, se qui ravissait Emma.
Emma: Choix difficile...
Elle examina, l'une après l'autre, les tenues qu'elle avait sélectionnées et étallées sur son lit. La jeune fille brune opta pour la mini-jupe en jean noir et un pull gris, bien trop ample, qu'elle affectionait particulièrement. Elle s'était emparé d'une brosse pour coiffer ses longs cheveux lorsque qu'une voix qu'elle ne connaissait trop bien monta de la rue, chantant ce qui était sensé être une chanson des Clash.


Always tease tease tease

You're happy when I'm on my knees

One day is fine, next is black

So if you want me off your back

Well come on and let me know

Should I Stay or should I go?


Emma écarta les rideaux avant d'ouvrir la fenêtre, réprimant un sourire.
Emma: Comma ça si je n'avais pas encore de problème avec les voisins, maintenant je suis sure d'en avoir...
Marjorie: Chuuuut, tu râleras quand j'aurais fini ma chanson!


Should I stay or should I go now?

Should I stay or should I go now?

If I go there will be trouble

An' if I stay it will be double

So come on and let me knoowwwwww


Marjorie: TADAM! Alors qu'est ce que t'en dit?
Emma: J'en dis que tu devrais prendre la peine d'écouter, pour la deuxième fois de ta vie, la chanson. Je suppose que toutes ces conneries étaient sensées me faire descendre...
Marjorie: Tout à fait, tout à fait ma chère.
Emma: J'attrape ma veste et j'arrive. Où est ce que l'on va?
Marjorie: On va rejoindre Thomas à Covent Garden d'ou... la présence de ma guitare.
La jeune fille leva dans les airs son instrument, une expression de joie intense sur le visage. Comme elle venait de le dire, Emma passa un petit manteau brun, fourra ses clés dans son sac et referma la porte de son appartement avant de rejoindre son amie dans la rue.
Emma: Tu te rends quand même compte que c'est abhérant d'aller faire la manche alors qu'on en a pas besoin d'argent?, dit-elle en fronçant les sourcils.
Marjorie: Comme si ça te dérangeais de chanter en public! J'pensais même avoir entendut dire que tu essayais de te faire payer pour ça.
Elles rigolèrent à l'unisson et préparèrent leur abonnement de métro, dont elles ne tarderaient pas à se servir.

# Posté le mercredi 19 décembre 2007 10:43

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:00

She lost control

Une cinquantaine de personnes s'engouffrèrent dans un des trois ascenseurs qui ramenaient les voyageurs à la surface. Les gens étaient amassés les uns sur les autres et au milieu de cette foule, on pouvait appercevoir le bout d'une guitare. Lorsque les portes s'ouvrirent les deux jeunes filles purent enfin respirer. Elles descendirent la petite rue piétonne.
Emma: Putain t'as vue les bottes? Oh, oh et les converses! Et puis...
Deux mains l'aggripèrent et la tirèrent loin de la vitrine du magasin de chaussures.
Emma: Tu sais que je regardais?
Marjorie: Plus tard, quand il te restera de quoi payer ton loyer à la fin du mois, tu me remercieras de ne pas t'avoir laissé dépenser ton argent inutilement!
Emma: C'est toujours utile des nouvelles chaussures!
Marjorie: Pas quand on en est déjà à 75 paires...
Emma: 76. La précision ça a jamais été ton fort hein... Y a du monde pour un mercredi, dit-elle en observant les alentours, il nous attend où Thomas?
Marjorie: En bas, près du Quicksikver, viens!
La blonde tira son amie de plus belle, partant à la recherche du garçon. Sortant du lot grâce à ses cheveux violets, elles eurent vite fait de mettre la main dessus. Comme à chaque fois les retrouvailles furent pour le moins bruyantes, ce qui attira l'attention des passants. Le trio s'installa sur la place, Thomas sortit un petit tambourin de son sac et Emma prit possesion de la guitare.
Emma: J'attend que vous...
Marjorie: I'm kissing you!
Emma: Encore???
Marjorie: Quoi? Moi j'aime bien cette chanson!
Thomas: Mais oui, c'est parfait.
Emma: Enfin toute façon , j'ferme ma gueule vu que vous m'écouterez pas quoi qu'il advienne.
Thomas: On te laisse chanter, c'est déjà bien.
Marjorie: Trève de bavardage les enfants! A trois: un, deux, trois.
Ils se sourirent simultanément, Emma ballada ses doigts le long du manche de l'instrument et sa voix, melée à celle de Marjorie, se firent entendre, prenant de l'intensité au fil de la chanson. C'était le moment de la semaine qu'ils préferaient, un moment de profonde complicité dont ils n'auraient pû se passer.

Pride can stand a thousand trials

The strong will never fall

But watching stars without you...



[ * * * ]

L'immeuble de Emma se dessinait dans le ciel. Elles se hâtaient toutes les deux de rejoindre l'intérieur afin de regagner un peu de chaleur corporelle. Mais, alors qu'il leur restait que quelques mètres à parcourir, Emma eut une soudaine montée d'adrénaline qui lui immobilisa aussitôt les jambes. Son coeur battait la chamade et sa respiration commença à se saccader.
Marjorie: Qu'est ce que tu fous?
Elle revint en arrière jusqu'à sa meilleure amie et la fixa en plissant les yeux.
Marjorie: Hey, ca va? T'es toute blanche.
Emma:...
Marjorie: T'as raison, j'adore parler dans le vent! Parler aux murs c'est ma spécialité...
Emma: Il est là, répondit-elle dans un murmure et en pressant le poignet de Marjorie.
Marjorie: Em'... On en a déjà parler...
Emma: J'peux pas rentrer...
Marjorie: Ah non, maintenant t'arrêtes tes conneries!
Emma: J'peux pas je te dis! Vas-y à ma place!
Elle lui forca la main pour qu'elle prenne les clés de l'appartement et la poussa en avant.
Emma: Aller! Aller!
Marjorie: Voilà! J'y vais.
La petite blonde soupira avant de tourner le dos à Emma et d'avancer vers la porte de bois, repeinte d'un bleu océan. Elle jeta un dernier coup d'oeil en arrière et vit qu'Emma s'était carément accroupie derrière une voiture. Marjorie secoua la tête, un brin amusée en se fesant la réfléxion que son amie ne changerait jamais.
Elle ne tarda pas à découvrir un garçon très mince, les cheveux décoiffés par le vent qui soufflait sans ménagement, emmitouflé dans un caban gris, dont il avait relevé le col. Cette fois-ci, Emma avait vu juste, le chanteur était bien devant chez elle. Nerveusement, elle ressortit les clés de sa poche.Elle pénétra dans le hall. Seuleument, après avoir ouvert la porte, Marjorie ne l'entendit pas se clore.
Alex: Vous pourriez peut-être m'aider...
A la vitesse de l'éclair, elle se mit face à lui, se sentant de nouveau en pleine possession de ses moyens.
Marjorie: Oui?
Alex: Je suis à la recherche d'une fille. Brune, les cheveux en niveau de la poitrine, assez grande.
Marjorie: Euh, c'est assez vague comme description... mentit-elle.
Alex: C'est vrai... Je sais même pas ce que je fous là. Je suis désolé de vous avoir dérangé.
Le jeune homme se passa la main sur le front tout en fermant les yeux et s'apprêta à affronter le froid.

[ * * * ]

Emma: Bordel, qu'est ce qu'elle me fout...
Elle avait vu Marjorie rentrer dans le hall depuis 10 minutes, Alex sur les talons. Depuis sa cachette, Emma n'avait rien manqué du déroulement des évènements. Ressentant un peu de fatigue dans le creux des genoux, elle se laissa tomber sur ses fesses et fouilla dans les nombreuses poches de son manteau. Fumer devant son amie n'était pas envisageable, comme quoi la solitude pouvait avoir un peu de bon. La cigarette à la bouche et la tête dans la lune comme à son habitude, elle faillit ne pas voir Alex refaire son apparition dans la rue. Captivée par le musicien, elle ne décolla pas son regard de sa silhouette. Il mit ses mains dans sa poche, et traversa la rue pour définitivement disparaitre. Emma souffla et cacha son visage sous son bras.
Une petite bonne femme, toute en rondeur, ralentit pour la regarder comme une bête de cirque. Sentant qu'on l'observait, elle releva précipitament la tête et fit une grimace à la dame qui, sur le coup, sursauta et ré-accelera le pas.
Emma: Ce que les gens peuvent être cons.
A force de rire, un hocquet prononcé et incontrolable se déclancha.
Emma: Manquait plus que ça...
Tout en essayant de se calmer, elle vint à bout de sa cigarette dont elle envoya valser le mégot dans une bouche d'égout. Rassemblant ses forces, la jeune fille projeta de se mettre debout.
...: Tu sais que t'es pas facile à trouver, Emma...
Aussi lentement qu'elle put, elle tourna la tête vers lui. Pourtant elle n'avait pas rêver: elle l'avait vu tourner le coin de la rue et s'évanouir dans la masse.
Emma: Mais...
Il lui tendit la main pour l'aider à se relever.
Alex: J'ai du torturer ta copine pour qu'elle veuille bien me dire où tu étais.
Ses lèvres s'étirèrent en un petit sourire. Après un petit temps de réflexion, Emma s'empara du bras du garçon et fut à nouveau sur ses pieds, à quelques centimètres de lui.
She lost control

# Posté le jeudi 20 décembre 2007 13:48

Modifié le vendredi 01 février 2008 04:49

I have a problem that I can not explain

I have a problem that I can not explain
Emma approcha sa tasse de thé de son visage et souffla sur le liquide du bout des lèvres. Elle jeta un coup d'oeil à la table de gauche puis se focalisa sur la serveuse qui passait d'un client à l'autre avec une facilité déconcertante. Une demi-heure qu'ils s'étaient installés dans ce café et pas une seule fois la jeune fille n'avait levé les yeux vers lui.
Alex: Tu lui ressembles vraiment beaucoup tu sais...
Emma: Oui, je le sais!
Elle avala une gorgée de thé et porta une main à sa bouche, surprise par la chaleur de celui-ci. Le silence était pesant, elle s'en rendait compte mais ne ressentait pas le besoin de le combler.
Emma: Tu as eu ce que tu voulais, j'ai été patiente, on peut en rester là maintenant?
Alex: Qu'est ce que tu veux dire?
Emma: Tu m'as observée sous toutes les coutures, tu as probablement cherché, et trouvé, le détail qui nous distinguerait elle et moi. Maintenant j'en ai marre, je rentre chez moi.
Alex resta sans voix, visé sur sa chaise alors qu'Emma rassemblait ses affaires et se rendait jusqu'à la porte de l'établissement. Précipitament, le garçon se leva pour prendre la suite de la fille, qu'il rattrapa dans la rue.
Alex: Tu peux quand même comprendre que ça puisse être perturbant.
Emma: Merci pour le café Mr Alex Turner.
Elle sourit tout en se mordant la lèvre puis s'en alla et Alex se résolu à faire pareil mais dans une direction opposée.

[ * * * ]

Le dos complètement en compote, Emma franchit les derniers mètres qui la distancaient de la voiture, un énorme carton dans les bras.
Aurélie: Cette fois-ci c'était le dernier!, dit-elle plus fort que nécessaire en refermant le coffre.
De petites gouttes de sueur perlaient sur leur front. Du dos de la main, Aurélie essuya toutes traces de transpiration.
Emma: Franchement, la prochaine fois, tu te payes des déménageurs. Je passe ma vie à t'aider à changer d'appart.
Aurélie: J'aime pas me poser trop longtemps.
Emma: Je passerais moins de temps à te donner un coup de main si tu larguais pas tes mecs juste après avoir emmenagé avec...
Aurélie: Je te l'ai dit: j'aime pas me poser. Et puis moi au moins je ne suis pas restée célibataire ces 2 dernières années!
Emma: Je suis très bien toute seule, je ne dépend que de moi et ça me va.
Aurélie: Arrête d'essayer de te convaincre, ptite soeur.
Emma lança un regard désaprobateur à Aurélie tandis que cette dernière partait en grands éclats de rire. Aurélie avait beau être la plus âgée, Emma s'était résolue à garder la tête sur les épaules pour deux. C'était un fait: elle avait le sens des réalités contrairement à son ainée.

[ * * * ]

Alex: Je ne lui aurait pas parler, je serais resté persuadé d'avoir Miranda en face de moi...
Nick: Bon, t'as trouvé le sosie de ta copine et après? Je vois pas pourquoi ça te chamboulle tellement.
Jamie: Moi je plains la pauvre fille si tout le monde la prend pour l'autre toxico...
Jamie avait mangé la fin de sa phrase craignant les remontrances d'Alex mais, à la surprise générale, le jeune homme ne releva pas les dires du guitariste. Il semblait perdu dans un autre monde.
Matt: En tout cas, elle doit être facile à vivre.
Alex: Pourquoi tu dis ça?, questionna-t-il n'écoutant pas la réponse pour rejoindre à nouveau ses pensées.
Matt: Je connais pas beaucoup de fille qui aurait accepter, sans réchigner, de t'accompagner juste pour que tu l'observes comme une bête curieuse, surtout, que comme la dit Nick, ça doit lui arriver continuellement.
Jamie: Moi je vois pas c'est quoi le problème, c'est normal que Al ai voulu en avoir le coeur net.
Nick: Et tu t'étonnes que t'es tout seul? Tu comprendras jamais rien aux femmes mon pauvre vieux.
Jamie se renfrogna et empoigna son instrument. Matt s'installa sur son tabouret et Nick passa la sangle, ratachée à sa basse, autour de lui.
Jamie: Au lieu de partir dans vos conneries, on pourait s'y remettre?
Matt tapa ses baguettes l'une contre l'autre, produisant de brefs claquements secs et Nick, voyant Alex toujours dans la lune, lui donna un petit coup de coude pour le ramener à la réalité.

They've sped up to the point where they provoke

The punchline before they have told the joke

Plenty of desperation to be seen

Staring at the television screen


Plus tard, lorsque la répétition toucha à sa fin, Alex envoya un sms dans lequel il demandait de ne pas l'attendre, prévenant qu'il ne rentrerait pas immédiatement, et se mit en route. Il ferait le chemin à pied, ça lui permettrait de réfléchir.


[ * * * ]

Ce soir là, en quittant les bureaux du grand magazine musical pour lequel elle écrivait les critiques des nouveautés, Emma scruta le ciel, dégagé de tout nuage, avec bonheur. Elle s'attarda dans le hall de son immeuble pour sortir la clé de la boite aux lettres. En levant la tête vers celle-ci, elle y vit une petite rose attachée, jointe à une feuille pliée en deux. Emma décolla le tout avec douceur et déplia le morceau de papier. Elle monta jusqu'à son appartement, ses yeux ne lâchant pas un instant la lettre, relisant inlassablement les mots qu'il y était écrit.

# Posté le samedi 29 décembre 2007 18:49

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:00

Je n'en peux plus de vivre notre anéantissement. Trop blasé des histoires qui ne sonnent jamais vraiment.

Je n'en peux plus de vivre notre anéantissement. Trop blasé des histoires qui ne sonnent jamais vraiment.
[
Je me rends compte que j'ai été un gros con. J'ai tout dit sauf ce qui aurait fallu... Ce soir je retourne au pub où on s'est croisé pour la première fois. Laisse moi une chance de me rattraper.

Emma souffla une fois de plus en relisant les quelques mots que Alex lui avait laissé. Elle se sentait dépassée et Marjorie ne répondait même pas à ses coups de fil.
Déjà 22h00...
4 heures entières qu'elle se tournait les pouces. Elle s'empara du combiné et composa le numéro de sa meilleure amie. Numéro qu'elle connaissait par coeur après toutes ces années. Une première sonnerie retentit, puis une deuxième. A la 20ème, Emma abandonna et raccrocha. Cette fois-ci, elle devrait agir sans compter sur les conseils de Marjorie.
Emma: Et puis merde.
D'un bond, la jeune fille se mit sur ses jambes. Elle jeta un rapide coup d'oeil dans le mirroir, s'assurant que ses vêtements étaient convenables avant de dévaler les escaliers, et de courrir aussi vite qu'elle le pu. Le trajet jusque là ne lui avait jamais semblé aussi long. Devant le pub, elle s'immobilisa, remarqua Alex assit seul à une table, et tenta de reprendre sa respiration.

[ * * * ]

Il fallait se faire une raison, elle ne viendrait plus. Peut-être avait-elle eu un empêchement, peut-être n'avait-elle pas vu sa lettre...
Un tas de possibilités, expliquant l'absence de la fille, lui venait à l'esprit mais aucunes ne le convaincait réellement. Alors qu'il se préparait mentalement à quitter le bar, et avec tout espoir de revoir Emma, il l'apperçu dans la rue. Il l'observa discrètement et se replongea dans son verre, l'air de rien, quand elle se décida à pénetrer dans l'espace fortement enfumé. Une nouvelle chanson débuta et Emma sourit en l'entendant.

Ooooooo-ooooo-ooooooh

A man don't notice what they got

Oh women think of that a lot

One thousand ways to please your man oh oh

Not even one requires a plan, I know


Elle eu une irrésistible envie de chanter mais se contenit. Calmement, elle marcha jusqu'à sa table et voulu tirer la chaise, restée libre, pour s'asseoir mais Alex retint sa main et elle ne termina pas son geste.

[ * * * ]

Confuse Emma retira sa main et resta debout face au musicien. Celui-ci se leva, ne notant pas l'expression gênée d'Emma, enfila sa veste et passa devant la jeune fille, l'attrapant par le poignet au passage.
Alex: Y a trop de monde, on va autre part.
Emma: Où exactement?
Alex: Si je te le dis maintenant tu ne viendras pas.
Emma: Et c'est pas en me sortant ça que je serais plus concentante pour t'accompagner.
Cachant son sourire, Emma haussa les sourcils au moment où Alex tournait la tête pour la regarder directement.
Emma: Ne fais pas cette tête là! Ca fait 5 minutes que tu me tires et que je te suits non?
Il sembla satisfait des paroles de la jeune fille et repris son chemin.

[ * * * ]

Emma: Tu ramènes souvent les filles, que tu connais pas, chez toi?
Alex: Uniquement celles que j'ai envie de connaitre.
Emma: Je vois...
Alex: NON! C'est pas dans le sens que tu penses...
Emma: Biensur, dit-elle avant d'exploser de rire.
Il l'invita à entrer à l'intérieur de l'appartement, dont le hall était dans la pénombre complète. Elle laissa tomber son sac près du grand porte manteau de bois foncé et fis un tour sur elle même, histoire d'admirer la décoration. Ne sachant que faire, elle commença à examiner ses pieds. Elle l'avait senti se rapprocher et releva donc le visage. Le garçon n'était qu'à une quinzaine de centimètre de sa personne et elle se sentit rougir. C'était la deuxième fois, depuis qu'ils s'étaient rencontrés, qu'il posait les yeux sur elle de cette façon. La première fois avait été suivie de ce baisser volé. A présent, Emma sentait que c'était elle qu'il gratifiait de ce regard et non pas la Miranda qui miroitait à travers son apparence physique. La gorge nouée, elle ne bougea pas d'un cheveux et ce fut lui qui franchit l'espace qui les distançait. Leur corp colé l'un à l'autre, aucun des deux n'osait plus faire le premier pas. Elle se contenta de fermer simplement les yeux mais un bruit sourd leur parvint. Alex semblait inquiet et marcha rapidement jusqu'à la pièce voisine, Emma sur ses talons. Elle la reconnu aussi tot.
Alex: Mon dieu...
Tout en jurant, il se précipita sur le corps de Miranda, allongée dans le sofa, le garot toujours bien fixé au niveau de son avant bras. Le teint blême de la photographe ne présageait rien de bon.
Alex: Les urgences!
Emma: De-de-quoi?, bégaya-t-elle.
Alex: Appelle les urgences!
Tremblante, elle sortit son téléphone portable et tapa le numéro sur le clavier de l'appareil.

[ * * * ]

Très vite Matt fit son apparition dans la salle d'attente. Il marcha droit sur Alex et, une fois à sa hauteur, lui donna une frappe amicale sur l'épaule. Emma ne dit pas un mot, pronfondément enfoncée dans le dossier du fauteuil où elle était installée et qu'elle n'avait d'ailleurs par quitté depuis leur arrivée, 20 minutes auparavant.
Matt: Mais elle est hors de danger maintenant?
Alex: Les medecins ont dit qu'il était moins une...
Ses joues reprirent une légère couleur blanchâtre et Emma se sentit d'autant plus triste. Matt remarqua la jeune femme et fit un signe de tête vers elle à l'attention d'Alex.
Matt: Qu'est ce qu'elle fait là? murmura-t-il.
Alex: Elle... Elle était avec moi quand...
Emma: Quand il a trouvé Miranda.
Les deux garçons tournèrent la tête vers elle et elle soutenu leur regard.
Emma: Je suis pas vraiment à ma place ici...
Alex: Je pense effectivement que t'en as fait assez pour aujourd'hui.
Sa voix était rude et pleine de reproches, ce qui choqua Emma. Resignée, elle sortit de la pièce sans se retourner puis de l'hopital et erra jusqu'à son appartement.

[ * * * ]

Matt: Al', j'comprend que tu as eu une salle nuit mais cette pauvre fille n'y est pour rien.
Alex: Si elle n'avait pas été là, je serais resté auprès de Miranda! Elle a failli y passer!
Matt: Quand tu as donné rendez-vous à Emma, tu n'as pas pensé une seconde à Miranda..
Alex: Ca va! J'ai fait une connerie, une minable erreur et...
Un homme d'une soixantaine d'année, assez grand, affublé de la traditionelle blouse blanche et d'un badge du personnel de l'hopital, s'avança.
Medecin: Mademoiselle Cadara s'est réveillée.
Alex: Je peux la voir?
Medecin: Elle est très faible alors pas plus de dix minutes.
Alex se retourna vers Matt et celui-ci hocha la tête.
Matt: Vas-y, j'bouge pas.

[ * * * ]

Marjorie: Ca prouve que j'avais raison: tous les mecs sont des cons.
Elle caressa le bras d'Emma. Cette dernière releva alors la tête de l'épaule de son amie et fit retomber son corps entier sur le matelas dur qui lui servait de lit.
Marjorie: Tu veux que je reste?
La jeune fille brune répondis par la négative. Dans son monde, elle n'entendit pas le "bonne nuit" que Marjorie prononça, ni le bruit qu'émit la porte lorsque sa meilleure amie quitta le petit appartement. Emma s'abandonna au sommeil qui la gagnait. Un sommeil qui devait être sans rêve et réparateur.


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# Posté le lundi 31 décembre 2007 08:21

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:01